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Gauthier
1. Démographie médicale : la Drees ouvre l’horizon sans trancher la question territoriale
La Drees a publié le 6 octobre de nouvelles projections d’effectifs de médecins, construites avec son modèle ProMédI sur la période 2026-2070. Elles portent sur les médecins de moins de 70 ans en activité, internes compris, soit environ 262 000 personnes aujourd’hui. Dans le scénario tendanciel, qui prolonge les comportements observés ces dernières années, leur nombre augmenterait d’environ 30 % à l’horizon 2040 et d’environ 75 % en 2060. Deux hypothèses y pèsent lourd : l’entrée de 12 200 étudiants par an en deuxième année de médecine et l’arrivée de 2 500 médecins diplômés hors Union européenne chaque année. Sans ces derniers, la hausse se limiterait à un peu plus de 50 % en 2060 ; elle serait du même ordre si les entrées en deuxième année tombaient à 9 200 à partir de 2031, et les effectifs doubleraient presque si elles montaient à 15 200. La Drees précise que ces projections ne sont pas des prévisions. Elles ne disent rien non plus de la répartition de ces médecins sur le territoire ni du temps consacré aux soins.
Vous retrouverez ici le communiqué de la Drees.
2. AVECsanté demande la reconnaissance d’une « équipe traitante »
La fédération nationale des maisons de santé a rendu public le 6 octobre son Pacte présidentiel 2027-2032, sept engagements qu’elle soumet aux candidats. Le premier porte sur la reconnaissance d’une équipe traitante : une équipe exerçant en maison de santé, qui connaît chaque patient, coordonne son parcours et l’accompagne dans la durée, là où le dispositif du médecin traitant, créé il y a plus de vingt ans, repose sur un professionnel seul. AVECsanté y associe deux demandes de cadre, une loi de santé et une convention propre aux maisons de santé. Le texte paraît une semaine après le rapport de la Cour des comptes sur le médecin traitant, qui proposait d’imposer un seuil minimal de patientèle à tout généraliste libéral installé : deux façons assez différentes de traiter le même constat d’accès aux soins.
Vous retrouverez ici la présentation du pacte.
3. Secpa : une inscription dans le droit commun sous conditions, contestée par les équipes
Le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 fait sortir les structures d’exercice coordonné participatives de l’expérimentation pour les inscrire dans le droit commun, mais en les encadrant étroitement : une labellisation de cinq ans renouvelable, un cahier des charges fixé par arrêté, un nombre de structures limité par région et une enveloppe de 10 millions d’euros par an pour 27 maisons et centres de santé. Le collectif Secpa en demandait 40 millions, l’inscription du modèle dans le code de la santé publique et un appel à manifestation d’intérêt en 2027, alors que la mesure 27 du Ségur de la santé en avait annoncé 60 et que l’expérimentation article 51 n’en comptait que 26. Une centaine de professionnels, de médiateurs en santé, de coordinateurs, d’élus et d’usagers se sont rassemblés jeudi 8 octobre devant le ministère de la santé, en marge du congrès national des centres de santé, pour réclamer une plus grande ambition.
Vous retrouverez ici les demandes du collectif et là le compte rendu du rassemblement.
4. Grippe : campagne ouverte le 13 octobre, obligation vaccinale des soignants en préparation
L’Assurance maladie ouvre la campagne de vaccination contre la grippe le 13 octobre. Près de 21 millions de personnes reçoivent une invitation : 65 ans et plus, malades chroniques, personnes en obésité sévère, femmes enceintes quel que soit le trimestre, entourage des personnes immunodéprimées et des nourrissons à risque de forme grave, aides à domicile de particuliers employeurs, professionnels des filières aviaire et porcine. Pour ces publics, le vaccin est pris en charge intégralement et le bon de prise en charge vaut prescription ; la vaccination peut être réalisée par un pharmacien, un infirmier, une sage-femme ou un médecin, la partie prescription restant réservée au médecin et à la sage-femme avant 11 ans. La saison dernière a été marquée par 12 000 décès et près de 1 400 signalements en réanimation, dont 70 % de personnes non vaccinées parmi celles au statut vaccinal connu. Le communiqué rappelle enfin la recommandation de la Haute Autorité de santé de rendre la vaccination annuelle obligatoire pour les professionnels de santé : le cadre réglementaire est attendu d’ici la fin du premier trimestre 2027.
Vous retrouverez ici le communiqué de l’Assurance maladie.
5. Mais encore…
Deux textes viennent de modifier le quotidien des prescripteurs. Depuis le 1er octobre, en application d’un décret du 16 avril, les médicaments dont la Haute Autorité de santé a jugé le service médical rendu faible ne sont plus exonérés du ticket modérateur lorsqu’ils sont prescrits au titre d’une affection de longue durée : ils reviennent au droit commun et sont pris en charge à 15 %, la prise en charge intégrale des autres soins liés à l’ALD restant inchangée. Un décret du 2 octobre reconnaît par ailleurs aux médecins qui assurent la régulation de l’accès à la permanence des soins ambulatoires la qualité de collaborateur occasionnel du service public.
Vous retrouverez ici la note de l’Assurance maladie sur les médicaments à faible service médical rendu et là le décret sur la régulation des soins non programmés.
Bonne lecture et bon week-end à vos équipes,
L'équipe Akeia
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