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Fil d'actu du 29 août 2026

Fil d'actu du 29 août 2026

Publié le

Gauthier

1. Fraude à l'assurance maladie : un rapport déplace le curseur vers les professionnels

L'Igas et l'Inspection générale des finances ont rendu public le 20 août leur rapport sur la lutte contre la fraude aux prescriptions et aux facturations, commandé par le Premier ministre et achevé en octobre 2025. Sur 244 milliards d'euros de dépenses du régime général en 2024, la fraude détectée et stoppée atteint 628 millions, dont près de 70 % imputables à des professionnels de santé ou à des personnes usurpant leur identité : actes fictifs, cotations inappropriées, ordonnances falsifiées. Les inspections décrivent une chaîne de paiement fragilisée par la généralisation du tiers payant et par la rapidité du remboursement, moins de cinq jours en moyenne, avec des contrôles presque toujours effectués après coup. Elles proposent de porter l'effort en amont et sur les dossiers à fort enjeu, ceux de moins de 1 000 euros représentant 30 % des affaires mais moins de 1 % du préjudice. Deux propositions toucheraient directement les cabinets : ramener de vingt-huit à quatre mois le délai de facturation opposable à l'assurance maladie, et faire appliquer le tiers payant sur présentation de la carte Vitale, les flux dégradés pesant 16 % des feuilles de soins en 2024. Vous retrouverez ici le rapport.


2. Temps de travail : 46 heures par semaine, dont six de gestion et de coordination

Publiée le 26 août, la première vague du cinquième panel de la Drees porte sur environ 4 300 généralistes libéraux interrogés entre octobre 2025 et janvier 2026. Ils déclarent 46 heures de travail hebdomadaires réparties sur 8,6 demi-journées : 36 heures et demie auprès des patients, près de 6 heures de gestion du cabinet et de coordination, 2 heures et demie de formation. La consultation dure 19 minutes en moyenne, la visite 40 minutes, la téléconsultation 14. Un médecin sur deux termine après 20 heures au moins une fois par semaine. La comparaison avec les 54 heures relevées en 2018 appelle la réserve que la Drees écrit elle-même : les éditions du Panel « sont indépendantes les unes des autres et leurs résultats ne sont donc pas directement comparables ». Toujours est-il que le nombre d’actes moyens réalisés par médecin est bien en baisse. Vous retrouverez ici l'étude.


3. Jours d'exercice : l'Igas constate une baisse, et un angle mort sur la coordination

Publié le 25 août, un second rapport de l'Igas et de l'Inspection générale des finances aborde le même sujet par les données de facturation. Entre 2021 et 2025, le nombre de jours d'exercice libéral recule de 3 à 8 % selon les spécialités, la baisse étant la plus marquée chez les généralistes et les pédiatres : un généraliste exerce en moyenne 205 jours en 2025 contre 222 en 2021, et 29 % d'entre eux travaillent quatre jours par semaine ou moins, contre 18 % quatre ans plus tôt. Cette baisse ne se traduit pas mécaniquement par moins de soins, car la file active progresse et le nombre de patients vus par jour augmente. Deux constats méritent l'attention des équipes. Aucune base de données ne permet aujourd'hui de mesurer le temps de travail des médecins, ce que la mission qualifie d'angle mort. Et l'effet des maisons de santé, des CPTS, des assistants médicaux et des partages de compétences sur le temps médical reste, selon elle, « insuffisamment évalué » : le rapport demande un dispositif d'évaluation confié à la Drees et à la Cnam. En particulier, le rapport précise que “le lien entre exercice dans une structure pluriprofessionnelle et libération de temps médical n’est pas univoque et n’a pas été évalué en tant que tel”. Reste que les zones sous-dotées disposant d’une MSP connaissent une meilleure évolution de leur densité de médecins généralistes libéraux comparé aux zones sans MSP, sans parler de l’impact positif des MSP sur la qualité des soins et la meilleure prise en charge des soins non programmés. Vous retrouverez ici le rapport.


4. Certificats : « Septembre violet » repart pour une troisième édition

Le Collège de la médecine générale a relancé le 25 août sa campagne contre les certificats sans fondement médical ou réglementaire. Sur 423 demandes signalées depuis 2023, 78 % n'avaient aucune base légale et 43 % émanaient du secteur de l'assurance ; le collège estime que ces documents occupent une heure et demie à deux heures par semaine et par généraliste, soit six à huit consultations. Il réclame notamment l'auto-déclaration pour les arrêts courts et les congés pour enfant malade, une liste limitative des certificats réglementaires et l'alignement des clubs sportifs non affiliés sur les règles fédérales. Le site de la campagne propose des modèles de refus argumentés, une affiche de salle d'attente et des fiches par situation. Dans une structure pluriprofessionnelle, le sujet gagne à être tranché en équipe : s'accorder sur ce que l'on signe donne au secrétariat une réponse à opposer sans renvoyer vers une consultation. Vous retrouverez ici la campagne et ses outils.


5. Mais encore…

Deux signaux de rentrée. La Carmf attend environ 1 850 départs à la retraite à l'échéance d'octobre, contre 800 à 850 une année ordinaire : la réforme du cumul emploi-retraite, applicable au 1er janvier 2027, provoque une vague d'anticipation dont la caisse dit elle-même être surprise. L'Assurance maladie a par ailleurs publié le 26 août ses données de couverture contre les papillomavirus : à 16 ans, 50,7 % des filles et 32,1 % des garçons avaient reçu leurs deux doses fin 2025, en hausse de 2,7 et 7,6 points sur un an, pour une cible de 80 % en 2030. L'examen de suivi de l'adolescent, entre 11 et 13 ans et pris en charge intégralement, et la campagne en classe de cinquième sont des leviers intéressants ; médecins, sages-femmes, infirmiers et pharmaciens peuvent vacciner. Vous retrouverez ici l'estimation de la Carmf et le point de l'Assurance maladie.


Bonne lecture et bonne rentrée à vos équipes,

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